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Publié le : 3 avril 2004
III .004
david tibet + 93 current 93 + nurse with wound + current ninety three

Alpha Ô Joie ! Est annoncée la parution estivale (bref, s’attendre à une sortie effective en automne) de Under the Rain and Teeth of Gods, recueil de textes et d’essais signés DAVID TIBET accompagné d’un CD, je cite, « of unreleased Current 93 archive material. » Et de suite l’on déchante, se remémorant les prétendus inédits qui devaient figurer sur England’s Hidden Reverse, ou à l’écoute de récents hauts de tiroir inintéressants au possible. Les deux co-productions United Durtro / Anomalous Records en tête de liste. Voui, voui, les digipacks c’est mignon tout plein. Voui, voui, les premiers Nurse 93 étaient dantesques… mais après avoir été noyé sous un flot de ré-éditions d’albums ré-édités, l’archiviste de base est en droit d’attendre, enfin, du 9 et ne saurait se contenter du A Little Menstrual Night Music où Steven Stapleton remixe sans inspiration aucune les deux faces de ce vieil album pourtant si furieusement inventif de 93 CURRENT 93. Du chaocalyptique désespoir à la froideur clinique, tous les reliefs du « In Menstrual Night » originel ont été gommés – ne reste même plus cette torpeur comateuse qui donnait l’impression de rêver sans veiller, de tout simplement niver (ie. briser les limites et les frontières de l’UniverS)… rien de tout cela ne transparaît dans cette relecture spartiate. Guère plus enthousiasmant, Chance Meeting of a Defective Tape Machine and Migraine, comme son titre l’indique résulte d’un mange-cassette capricieux et défectueux : souhaitant faire une copie de k7 à k7 du tout premier album de NURSE WITH WOUND, Matt Waldron s’est retrouvé avec ces deux bandes bouffées par l’appareil. Qu’à cela ne tienne, on superpose les deux et hop, en vingt-trois mouvetemps on obtient un CD qui, si son processus créatif répond aux non-exigences dadaistes, n’en reste pas moins pénible et rasoir.

Que dire alors du ènième CD live de CURRENT NINETY THREE, Halo ? Eh bien… tout le contraire ! et ce pour moult motifs : 1. parce que, d’abord, ici c’est moua qui commande (dixit Brigitte Fontaine) 2. parce qu’une gran’messe des illuminés de Lazare vaut toujours son pesant de clean’ex 3. parce que le présent concert londonien réunit sur les planches du Queen Elizabeth Hall : David Tibet, Michael Cashmore, Joe Budenholzer, Maja Elliott, Graham Jeffery, Joolie Wood et John Contreras (or, peut-on souhaiter de line-up plus plaisant – en précisant de suite qu’Antony est hors compétition, sans quoi la donne ne serait plus équitable…) 4. parce que une nouvelle version, studio ou vivante, de « A silence song » justifie à elle-seule l’acquisition d’un disque 5. parce que le groupe ne se borne pas, comme voudraient le faire croire certains, à de naïves et terriblement fascinantes sonates au piano 6. parce que les entendre réinterpréter « Alone » et « Locust », tous deux issus de l’indispensable Imperium, rouvre les canaux lacrymaux 7. parce que ce live là va tensio-crescendo, pour finir en apothécafardéose, suivant une sept-liste irréprochable aux allures de beAst of tant et si bien qu’il s’écoute comme un véritable nouvel album : le blé s’en va s’étendre dans les champs de violza du Grand moloch pendant que Mary attend en silence les signes dans les étoiles etc… 8. parce que les samples et boucles utilisés à outrance (mais savamment intégrés aux compositions) sont des plus pertinents 9. « parce que », c’est pas une réponse omegA