Publié le : 11 février 2004
louisa john-krol
Un encens aux fragrances florales encense des sens injustement délaissés, ravivant l’essence phosphorescente de fortifiantes flammes, celles d’une âme amnésique à la recherche du « je », de son sanctuaire interne. Accompagnée de ses amis elfes, trolls et salamandres, l’australienne Louisa John-Krol ravive en nous une intériorité égarée ou occultée. Tandis que sa voie papillonne au gré des arpèges de mandoline, une singulière alchimie sonore se développe à son insu, mariant harmonieusement instruments acoustiques et synthétiques pour aboutir à ces mélopées limpides, habitées de clarté et de bien-naître...
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louisa

N’es-tu point fatiguée de voir ton travail constamment comparé à celui de Loreena, Kate, Enya ou Tori ? Quand diable les gens réaliseront-ils que tu as une voix bien à toi et un univers musical qui ne souffre aucune comparaison !?!

L J-K : Je suis déjà touchée de savoir que certains prennent le temps d’écouter ma musique. Beaucoup d’entre eux répondent avec émotion et prévenance. Cela ne me fatigue nullement. Dans une vaste mer de styles, les matelots en appellent à des étoiles connues pour s’orienter ; à chacun par la suite d’en explorer les subtiles variations, les planètes, nuages et vagues...

Comment se fait-il qu’il faille tant de temps pour obtenir un nouvel album de Louisa John-Krol ? Est-ce du à une approche perfectionniste ou à des contraintes relatives aux labels ?

L J-K : Les chansons ont besoin de mûrir en moi pour que se dévoilent tous leurs petits secrets...

Pourrais-tu nous en dire plus long sur tes collaborations avec G.O.R., LYS, STOA et DAEMONIA NYMPHE ?

L J-K : Francesco (G.O.R./ATARAXIA), Fréderic & Marlene (LYS), Spyros (DAEMONIA NYMPHE) et moi-même avons enregistré un album ensemble il y a quelques mois de cela, dans la ville médiévale de Clisson, en France. Ce fut intensément émouvant, tant sur le plan musical qu’humain. Depuis, nous continuons à nous écrire mutuellement des partitions et espérons pouvoir rejouer ensemble au plus tôt. Les fruits de cette collaboration sont désormais au stade de la production.

Olaf Parusel (STOA) avait un contrat sur mon précédent label (Hyperium). Le charme de ses albums, ‘Urthona’ et ‘Porta VIII’, m’a subjuguée. En Octobre dernier nous nous sommes finalement rencontrés à Halle, en Allemagne, où nous avons improvisé dans son studio. Nous poursuivons ces travaux à longue distance et il me tarde d’y retourner, d’autant plus que c’est un ami véritable.

La musique de tous ces artistes et bien d’autres est chroniquée sur mon site internet dans la section « Liens » : www.louisajohnkrol.com

Y a-t-il une chance que tu contribues au prochain album de Sean Bowley ?

L J-K : Sean est un excellent musicien et un grand ami. S’il venait à me demander de chanter une de ses compositions, j’en serais enchantée. Les démos qu’il m’a fait écouter, depuis le magnifique dernier album d’EDEN, sont déjà sublimées par sa voix.

Bien que souvent pris pour des élémentaux lumineux et positifs, les êtres féeriques ne sont-ils pas plutôt ludiques et ambivalents (cf. “Songe d’une Nuit d’Eté”) ?

L J-K : Oui, il y a effectivement beaucoup d’ambivalence et d’espièglerie chez les être féeriques. On retrouve cet aspect dans mes compositions... Dans « Sentinel » (sur l’album Ariel), la lumière resplendissante d’un feu follet se meut entre les arbres d’une forêt afin de tenter une rêveuse et l’inciter à quitter sa forteresse. Dans « The Last Centaur » (sur l’album Alexandria), un centaure avide devient un prophète du changement. Ou encore sur « Duncan the Fiddler » (sur l’album Argo) : un petit homme capricieux met un musicien au défi de jouer plus longtemps que lui, ce qui lui vaut presque de perdre tout son souffle... et sa raison !

Il est souvent question d’Alchimie dans ton Oeuvre ; considères-tu le processus de création comme une expérience magique ?

L J-K : La magie peut être ressentie dans les choses les plus simples et se trouver magnifiée par notre façon de l’exprimer ; comme Rilke le résume si bien dans son sonnet : « que danse l’orange !, ose dire le nom de la pomme !, sois le verre résonant qui se brise en son de cloche ». Dans ma chanson « The Seagiant », un homme devient un dieu marin après avoir fait l’amour et s’être assoupi paisiblement sur le bord de mer. Les courants de pensée modernes tendent à entacher de cynisme de tels mystères ; or je ne tiens pas à rompre le charme, ni vous je suppose ?

De plus, en prêtant ta voix au Génie Poétique, n’as-tu point l’impression de chanter pour les “children of the future age” ?

L J-K : Ce n’est pas à moi d’en juger, et je ne puis parler au nom d’autres âmes... mais si ma musique survit, j’espère juste qu’elle pourra procurer à ses auditeurs quelque joie.

Précisément, comment vois-tu le futur, es-tu plutôt de nature optimiste ou...

L J-K : Je n’ai aucun don en matière de prophétie et souhaite juste que tout se passe pour le mieux. Quant à mon énergie, je ne saurais trop dire s’il elle est gouvernée par une « nature optimiste » ou plus simplement par un esprit volatil !