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Le Colibri Nécrophile s’entend à redéfinir les frontières de la musique "hors-norme", le plus simplement du monde : en nivant (du verbe niver = briser les limites de l’UniverS). GESTALT ORCHESTRA, OP, CHROMATIC, NEO SANGUINE, L’ANTI-PRINTEMPS... autant de projets pour une approche radicale et ingénue ; peu de disques mettent autant à l’épreuve votre façon de concevoir et d’écouter la musique. Parmi ces météoresoniques, ORESTES suscite autant de fascination que de répulsion. Il faut dire que si leurs travaux sont téléchargeables, les aspirines en revanche ne le sont pas. Or, compte tenu de l’étourdissement provoqué par Le Génocide De L’enfance, ce ne serait pas du luxe. Un fatras de manipulations électroniques angoissées, de violentes stridences métalliques, d’incantations vocodées, où William Bennett cotoie John Cage et GEINS’T NAIT. Plus surprenant encore, même dans les moments d’agitation explosive se glisse un brin de douceur amère, brouillant en permanence les pistes. Un peu comme si la technique du cut-up se trouvait appliquée sur des bases compositionnelles abstraites, puis re-découpée ad nauseam, rivalisant d’inaudibilité avec l’illisibilité de certains textes tardifs de Burroughs - procédé qui transparaît davantage sur le maléfique Baal Des Maudits, malgré les "clefs" disséminées de-ci de-là (courts intermèdes surrirréalistes et boucles accélérées). Entre indus-rituel, free-ambiant et ethno-noise, on pense par moments à SIGILLUM S, NURSE WITH WOUND, P16 D4... une vieille école qui prend là un sacré coup de fouet jouvencal. Aux moins téméraires l’on pourra conseiller le compilatoire tant que jubilatoire Synthesis. Plus encore sur morne.free.fr/
Dans la famille à quoi bon se faire du bien quand il pleut dehors, je demande la petite soeur, DELPHINE DORA. Après le plombant Floating Existence, DeeDee enfante du non-moins éprouvant For Christmas, ep de 6 titres à télécharger d’urgence sur son site. Peut-être a-t-elle préssenti le deuil dans lequel la disparition de THE IDITAROD a plongé les moines topistes, en tout cas elle nous replonge dans cet état d’addiction maladive et rebooste incroyablement notre appétit musical. Il y a en effet des moments comme ça, qu’il conviendra de nommer "passages à vide", où plus rien n’a de saveur. A force d’avoir trop entendu le serpent se mordre la queue, sans doute. Et pour nous de retrouver ce sentiment d’être sur une montagne russe en se rendant à des ballets (plus particulièrement le Ballet d’Europe, grâce à soror Eurydouce), mais trop rarement en écoutant les nouveautés. Et c’est là qu’intervient, à son insu, Delphine... renouvellant l’envie de découvrir de nouvelles sonorités et réveillant notre musicophagie. Six pièces de confusion et de déchirements condensés en deux ou trois minutes maximum, comme si l’urgence de tels sentiments refusait de s’inscrire dans la durée. Concision extrême et d’autant plus foudroyante donc, comme si la création portait en elle les stigmates d’une thérapie tout juste engagée. Aidée d’un petit orgue aux sons incongrus, parfois surannés ou sidéraux, d’un semblant de harpIe, de batonnets et autres objets sonores non identifiables, la mee bruxelloise construit de monumentales miniatures, posant sa voix, ses râles et murmures barrés avec force et justesse (d’où une affiliation méritée avec Nico, Jarboe, Fursaxa, Christina Carter, Pantaleimon, Tower Recordings...). D’aucuns seraient tentés de qualifier cette démarche d’outsider art, s’arrêtant à l’apparent minimalisme et bric-à-brac instrumental couplé au résultat cathartique. Ce serait passer à côté de l’essence-ciel, car Dora oeuvre plus dans l’Insider Art - de l’intérieur à l’untérieur, en égratignant l’antérieur au pas-sage... Bref, amateurs de simplicité passez votre chemin, car voilà une musique qui offre autant d’empathie qu’elle en démande à ses auditeurs - cad à la mesure de l’admiration et du respect qu’on lui voue. Autant dire à l’infini. www.another-record.com/delphine/
Oeuvrant dans un registre résolument "dark", AL AMOR DE LA LUMBRE propose une Lumière Hostile #1. Pressage confidentiel (à l’origine une casse-tête limitée à 8 exemplaires) enfin rendu accessible via le VauVauVau. Son cradingue, piano approximativement désaccordé, voix féminine radioactive, entre lumière et ombre, voilà un singulier présent de l’écurie Cauldron. nihilpop.nuxit.net/sites/alamor/
Coule-oeuvres et doux leurres toujours, l’inénarrable ulaire de la pop Nick Grey ajoute un projet à son archet, CATLANDGREY avec le non moins populaire érable de l’inné : Thevoicefromcatland. A force de multiplier ses alias, Nick court le risque de produire la même chose, mais puisque monté à l’envers le dandy EMPIrique marche à reculons, ne nous faisons aucun souci. Et ici O veille au grain... rivalisant de superbe avec le gratté acoustique d’herbe à Cashmore. La comparaison au "thunder, perfect mind... of ruine" de CURRENT 93 est non seulement justifiée mais ne porte aucun préjudice à l’originalité du duo, puisque sublimée par l’humour sous-jacinthe (diantre, ces castacoucougnettes !), par une ConStellaTion de clochettes, par les notes d’un doux piano noir, par le chant du non-chat lent. Au final, ce n’est pas l’artiste Gris qui risque de sombrer dans la redite, mais les topiacs à force d’épuiser toutes les façons de crire combien les compos de CATLANDGREY et consorts sont irritantes de perfection, belles à mourir comme l’étaient les verges pour un Genet, fleuries de crises en thèmes jouissives. Nick, vous êtes un arrache-pLeur, soyez-en gracié au Xanax des cieux ! www.milkandmoon.com
Textures spectrales, rythmiques syncopées et guitares vaporeuses... qu’est-ce donc ? Un inédit des mésestimés DIF JUZ, voire du mythique THIS MORTAL COIL ? Que nenni, il s’agit d’une jeune formation hexagonale à géométrie variable, DAEMONS & MERVEILLES. Pas de démo officielle pour le moment, mais une poignée de mp3 à découvrir au plus tôt. L’hommage au label ayant berçé notre adolescence (4ad) est indéniable et ô combien admirable. Tant de rigueur et de finesse méritent toute votre attention. www.daemons-merveilles.com
